Fontainebl’EAU & Canad’AIR.
Ce fut l’oxymore de ce début d’été. Quoi !!! Comment ? Des Canadairs venaient prendre de l’eau dans la Seine ! Habituellement ces avions volent dans le sud et voilà qu’ils se rapprochent des sphères du pouvoir, comme pour signifier à ceux-là qui se disent puissants l’impréparation et le manque d’anticipation des effets du réchauffement climatique… Reste à mesurer (si cela est possible) les effets sur les consciences de cet été caniculaire… Mais ne m’enlèvera pas cette sensation diffuse d’un cautère sur une jambe de bois.
Il est patent que la vitesse de dégradation du climat déjoue tous les pronostics et que son horizon avance à grands pas et en pleine face… Même les méduses de Gravelines ont désormais leur mot à dire puisque gourmandes d’eau chaude, elles ont contraint à interrompre la production de la centrale nucléaire…
N’ayant pas quitté l’atelier entre septembre et juin, mon Kangoo blanc avait des fourmis dans les roues en ce début d’été et a tracé de belles pérégrinations amicales aux allures de poèmes géographiques. Loudenvielle, L’Épinoux, La Rochefoucauld, Saint Félix de Villadeix, Andernos, Dolus d’Oléron, La Rochelle, Brétignolles, Port Joinville, Les Sables d’Olonne, Saint Dolay, La Gacilly, Saint Gravé, Saint Nazaire, Batz sur mer. Outre les lumières de l’amitié, ce dédale atlantique fut éclairé par quelques bougies d’anniversaire dont une tout en surprises dans les yeux de l’Île d’Yeu.
Vint fin août, la grande traversée vers l’Ardèche et les Jardins du Tao pour terminer cet été voyageur par une semaine de camping rustique mais tellement charmant dans le hameau Les Damias, tout près du village d’Éourres dans les Alpes de Haute Provence, non loin de Sisteron. Depuis près de trois décennies, c’est un rituel de fin d’été. Retrouver des amis du Sud, rire, marcher, parler, confier l’air du temps au présent de l’admiratif et à la joie des pieds sur terre qui se lèvent la nuit pour pisser dans la grande casserole des étoiles.
Je me souviens de la déception de mon premier train électrique lors de mon premier Noël sans Père Noël. Je devais avoir 5 ou 6 ans, le dessin de locomotive sur la boite couleur rose tyrien était tellement réaliste que le petit jouet de métal m’a semblé dérisoire. Certes je ne connaissais pas le mot « dérisoire » à cet âge-là, mais ma méfiance envers les artifices de la pub et de l’emballage est née ce soir là au pied du sapin. Et à propos d’emballage, j’avais été tellement bouleversé par celui du Pont Neuf en 1985 par Christo & Jeanne Claude que l’intervention de JR sur ce même pont, sans nier la prouesse technique que le vent a failli compromettre m’a laissé quelque peu dubitatif mais sans de véritables émotions. Comme un défilé de smartphones dans un parc d’attractions gonflable.
« D’ailleurs nous sommes ici ». C’était lors d’un enregistrement du Jeu des Mille Euros à Saint Denis en mai dernier. Une habitante de Romainville a cité cette phrase en présentation de la Grande Parade Métèque qui s’y est déroulée en Juin. J’ai aimé cette sentence qui dit bien en quatre mots la richesse de l’accueil de l’Étranger que tant de démagogues veulent ériger en bouc émissaire.
« Un classique c’est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire ». Italo Calvino cité par Christophe Ono-dit-Biot dans son essai L’odyssée de l’Odyssée. Je suis allé voir le film de Christopher Nolan, gigantesque et excessif qui m’a donné envie d’entendre les chants épiques d’Homère déclamer sur une scène de théâtre pour laisser place à l’imagination ici écrasée par le réalisme d’effets trop spéciaux.
Dans les autres films que j’ai aimés, la Batailles de Gaulle 1&2, De la Comédie Française et le surprenant documentaire de Werner Herzog Ghost Elephants sur les « éléphantômes » d’Angola.
Côté lecture un peu ralentie cet été, Villa Amalia de Pascal Quignard, Cézembre d’Hélène Gestern, intrigue familiale sur le fondateur des compagnies maritimes desservant cette île au large de Saint Malo et les îles anglo-normandes. L’exception d’Auður Ava Ólafsdóttir dont j’avais adoré Rosa Candida. Et puis un polar de Jo Nesbo paru en 2008 qui avait échappé à mon attention intitulé Chasseurs de Têtes.
J’écris ces lignes encore en décalage estival entre les collines de Haute Provence et l’immeuble de ma cité dionysienne ceinturé d’échafaudages. Je retrouve les travaux qui ont pris leur temps de séchage pendant mon absence et les projets et les appels qui vont suivre:
– La mise en peinture d’un container pour le Kyudojo National de Noisiel avec le projet L’ARC COULEUR.
– La préparation d’une exposition à Gramat en octobre où je vais exposer deux installations créées dans les années 90 sur le thème CHOSE PUBLIQUE du 9 au 25 octobre. Je serai sur place pour l’accrochage et l’accueil pendant l’exposition ainsi que pour des interventions auprès du jeune public.
Merci de m’accompagner sur les rivages des QUOI DE NEUVE et n’oubliez pas en ces temps artificiellement intelligents que l’étymologie de ce mot est « Inter Ligere », soit lire entre les lignes !
Do 9926







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