AU 9 RUE DES NOUV’AILES #39

9 mai 2019 § 0 commentaire

À NOTER : pour cause de résidence artistique sud-coréenne durant tout le moins de juin (youpi!), les dernières Nouv’ailes de cette saison 2018-19 paraîtront début juillet.

La Roue du Temps a quitté le Giratoire de Cologny et retrouvé son lieu de fabrication et son attente d’une place pérenne. Passé l’admiration enfantine pour le camion-grue qui peut porter une tonne au bout de son bras télescopique de 33m, restait dans mes yeux émus sous la bise genevoise le p’tit coup de blues qui soufflait sur le vide du rond-point. Alors j’ai acheté un billet de bus journalier valable aussi pour les Mouettes du Léman, ces petites navettes qui relient les deux rives du lac et suis allé me réchauffer aux alentours des Bains des Pâquis, où les nageurs réchauffés faisaient des cygnes aux reflets des bateaux et aux ombres des drapeaux, tandis que Casanova bronzait sous les plongeoirs de la Poésie. Ce que vous conteront les photos qui accompagnent ces Nouv’ailes.

« Savez vous quel est le polygone qui a le plus de côtés ? » Réponse en fin de chronique.

Où se cache l’équilibre de la parité du monde ? Pas dans les températures puisque l’on ne pourra jamais descendre en dessous du 0° Kelvin ( qui est à -273,15° Celsius) alors qu’il n’y a pas de limite supérieure. Idem en ce qui concerne les vitesses puisque l’on ne peut jamais dépasser la vitesse de la lumière qui est de 299 792 458 km/s. (Je viens de lire Vitesse, un petit livre édifiant de Paul Virilio, qui vient de disparaître, penseur singulier de notre époque qui a beaucoup écrit sur l’accélération, l’accident et la catastrophe et qui dans cet ouvrage confronte ces notions au monde du sport).

Nous sommes des enfants de la planète Terre, ou plutôt comme il a souvent été dit et trop rarement entendu, nous empruntons cette planète à nos enfants. Est-ce alors un hasard si l’on découvre aujourd’hui à l’heure ou le viol de la planète est de plus en plus avéré que le viol des enfants fait aussi partie de ce sinistre programme ? J’écoute à l’instant une interview de Yolande Zauberman qui a fait avec Selim Nassib, un livre -L’Histoire de M- sur la pédophilie dans la communauté juive ultra orthodoxe au nord de Tel Aviv. Ils ont suivi le retour de Menahem dans cette communauté où il a grandi et où, plus jeune il a été violé. Le monde est une drôle d’engeance qui fonctionne à la vengeance. Ah si Caïn avait eu une sœur !

« Sachons dormir, nous saurons veiller » a dit le philosophe Alain.

Le chantier de la rénovation des Halles touche à sa fin mais il n’y a toujours pas de kiosques à journaux dans le grand hall des RER. La liberté de la presse ne s’use que s’il reste … des journaux à lire … et des endroits pour les vendre ! Il m’arrive d’acheter en soutien à Reporters Sans Frontières les albums de photos qu’ils publient et en rangeant le numéro de 2007 consacré au 60 ans du Festival de Cannes je relis avec stupeur l’édito de Robert Ménard, alors secrétaire général qui disait « nous avons mis l’accent sur l’absence de courage, voire la lâcheté de nos démocraties, elles se contentent trop souvent du service minimum sur le terrain de la défense des droits de l’homme, non sans nous gratifier de belles promesses et de belles déclarations »… Est-ce que l’actuel maire de Béziers a le courage de relire sa copie… Je n’aimerai pas être le miroir matinal de sa salle de bains !

« J’ai décidé de vivre éternellement, et jusqu’à présent tout se passe bien » a ri Alphonse Allais qui ne se prénommait pas Harry.

« On n’va pas attendre 107 ans !» Cette expression trouverait son origine au Moyen Âge dans la longue durée du chantier de la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris qui dépassait de loin la durée d’une vie humaine. Alors que pensez du fait que l’incendie qui en ravagé la toiture le 15 avril dernier ait eu lieu exactement… 107 ans après le naufrage du Titanic dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 ?

Y’a des sous pour faire renaître une charpente de ses cendres, Arno et Pino vont financer le nouveau chapiteau, mais quand c’est la planète qui brûle….

Pas vu beaucoup de film ce mois-ci, mais bien aimé Blanche comme Neige, variation sur le motif du célèbre conte par Anne Fontaine, avec la jolie Lou de Lâage.

Si l’on me demandait quelle est une des plus belles émotions de lecture de ces dernières années, je citerais à coup sûr La Route de Cormac McCarthy. Et vous ?

J’ai eu une émotion du même ordre en lisant L’Année du Lion de l’auteur sud-africain Deon Meyer qui a délaissé l’univers du polar pour s’aventurer dans une anticipation post-apocalyptique : 95% de la population terrestre a été décimé par une fièvre fortement létale et un père et son fils, comme dans La Route, tente de reconstruire la vie et une communauté, tente de renouer avec l’humanité. Prenant ! Quant à savoir pourquoi je prends plaisir à lire de tels romans catastrophiques, c’est sans doute pour faire catharsis aux nuages qui s’amoncellent entre le fond des montagnes et le sommet des océans.

Je ne suis pas très féru de lectures shakespeariennes, mais me suis régalé à lire Mac Beth, variation contemporaine de cette tragédie écossaise écrite par le norvégien Jo Nesbø. Il faut croire que ce printemps est propice aux auteurs qui ont élargi le cercle de leur écriture au delà des rivages policiers…

Si vous passez par le Grand Palais de Paris avant le 22 juillet (on aura célébré la veille le premier pas de l’humain sur l’astre de nos nuits) allez marcher sur la Lune et rendre un bel hommage à la déesse Séléné.

Le polygone qui a le plus de côtés, c’est Carlos ! Carlos Gohn. Parce qu’il a des millions de côté !

Un lecteur de ces Nouv’ailes m’a récemment écrit pour me signaler son changement de mail et m’a nommé « ami de Lao Zi ». J’ai bien aimé ça.

do 9519

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