QUOI DE NEUVE ? (10)

11 décembre 2022 § 0 commentaire

J’aurais voulu écrire des mots roses mais ceux de l’automne sont plutôt moroses. Le plomb de la guerre en Ukraine pèse depuis neuf mois et un psycho-tsar de foi mauvaise poursuit son insatiable et mortifère désir d’anéantir et sa folie meurtrière. Indicible écœurement. Impuissante colère. Alors pour la taire, je vous partage quelques fils de quotidiens tissés aux brumes de novembre.

Jeudi 10 novembre : La marée républicaine américaine n’est pas trop forte, les russes quittent Kherson et il y 600 lobbystes des énergies fossiles à la COP 27. Scandaleux. Comme chaque mois, quelques échos de ma chronique viennent embellir ma boite mail. Réjouissant.

Vendredi 11 : Marine, petite nièce dont je parlais dans la première série du Journal du Neuf est majeure aujourd’hui. C’était en 2004. Nous avons un demi-siècle d’écart et ça ne me rajeunit pas !!!

Je vais porter à la Galerie du Génie les cinq photos que je vais y exposer dans le cadre du Mois de la Photo.

Henri Anglade, deuxième du tour de France cycliste en 1959 est décédé ce jour à 89 ans. Son nom feure bon la mémoire d’enfance.

Je vais acheter du thé. Je porte encore à la boutonnière de mon manteau d’hiver les rubans jaune et bleu épinglés au printemps dernier lors de la manif pour l’Ukraine. À la caisse de la boutique, une jeune femme blonde m’interroge en anglais « it’s for Ukraine ? » J’acquiesce, elle me sourit et me remercie.

Samedi 12 : Après la séance dense et concentrée de kyudo hebdomadaire, je vais voir Pacifiction d’Albert Serra avec Benoît Magimel, (un peu trop) longue dérive dans l’univers pas si pacifique de Tahiti. Puis je fle au théâtre, invité par mon amie Marie qui empêchée, me donne sa place. C’est Une histoire d’amour d’Alexandre Michalik et moi qui vois beaucoup de films, me régale de voir le jeu des comédiens « en vrai » comme on disait quand j’étais petit.

Dimanche 13 : Jour de Taikai. C’est le mot japonais pour dire tournoi. C’est un jour sans. Une flèche dans la cible sur 20. La pratique d’hier me semble loin. Je reviens légèrement down de cette pratique sisyphienne. Demain sera une autre flèche.

Lundi 14 : Je dévore La Face Nord du Cœur de Dolores Redondo, enquête policière qui se passe à la Nouvelle Orléans pendant l’ouragan Katrina. Et vais voir Armageddon Time de James Gray, chronique autobiographie de son enfance new-yorkaise. J’envoie un projet – Le Miroir aux Baleines – pour un parcours artistique Les Arts au Clair de Lune dans la ville de Dinard, sur le thème « Animal ».

Mardi 15 : Je découvre dans mon petit magasin bio qui s’appelle Le Champ des Rêves une variété de pommes qui s’appelle Pattes de Loup. Variété ancienne, délicieuse, originaire de mon pays d’Anjou ! Je garde l’expo du Mois de la Photo à la galerie du Génie. Puis je file à un cours de dessin de modèle vivant, essayant sans cesse de mettre la ligne d’un corps dans les deux dimensions d’une feuille de papier. Jamais acquis, toujours en recherche… Passionnant !

Mercredi 16 : Travaillé sur un projet pour Horizon-Sancy, festival de land-art dans la région du Puy de Sancy. Il pleut. Je vais voir et aime Les Amandiers de Valeria Bruni-Tedeschi qui sort aujourd’hui.

Jeudi 17 : Je reste au chaud dans l’atelier face au rhume qui s’approche. En soirée, c’est vernissage de l’expo du Mois de la Photo à la galerie du Génie. Après la rencontre avec les artistes exposants, je vais voir La Maison, flm d’Anissa Bonnefont d’après le roman d’Emma Becker. La vie d’une prostituée vue de l’intérieur d’un bordel de Berlin d’après une expérience vécue par l’autrice.

Vendredi 18 : Je vais me faire dévitaliser une dent. 472€ ! Puis je vais voir Couleurs d’incendies d’après le deuxième tome de la trilogie de Pierre Lemaitre. Pas du grand cinéma, mais un bon moment. Comme une grande BD efficace qui me réjouit. La toile des écrans ouvre des fenêtres d’évasion dans le gris froid de novembre.

Samedi 19 : Concert de Hadouk Duo au Triton, avec Didier Malherbe et Loy Ehrlich. Moment suspendu, hors du temps, magie pure de la matérialité de la musique dans la communion et le silence d’une écoute partagée. Qui me fait revivre l’intense émotion d’avoir eu Didier au finissage de mon exposition de septembre. Merci et gratitude.

Dimanche 20 : Magnifique flm que « Plus que jamais » de Emily Atef avec Vicky Krieps et Gaspard Ulliel. Film sur la fin de vie d’une jeune femme atteinte d’une maladie incurable dans lequel la présence de Gaspard Ulliel, disparu en janvier dernier, trouble et amplifie le motif et les émotions du flm. Profond !

Lundi 21 : Belle expo Préhistoire au Musée de l’Homme conjointe à celle des photos de Lekha Sinh « Les femmes portent le monde ».

Mardi 22 : Walter Sickert au Petit Palais. Découverte de ce peintre anglais (1860-1942) quasi inconnu en France. À la palette un peu trop terne à mon goût. Puis Ariaferma. Somptueux film italien de Leonardo di Costanzo. Film de prison très original et d’une densité de jeu intense et remarquable. Avec Toni Servillo et Silvio Orlando. J’ai voté pour lui pour le palmarès du flm étranger de l’émission Le Masque et la Plume.

Jeudi 24 : Neuf mois de guerre en Ukraine. Un océan de minutes de silence et de compassion ne suffirait pas…

Vendredi 25 : J’ai vu cet été quelques-unes des installations de L’Art dans les Chapelles, dans la région de Pontivy. Je souhaite postuler en envoyant au directeur artistique, par wetransfer, un pdf avec CV, démarche artistique et une cinquantaine d’images de mes installations. Le dossier est téléchargé à 7h32 et je reçois un mail daté de 7h34 disant que «je vous remercie (…) mais votre travail ne correspond pas à l’orientation que je souhaite donner à notre manifestation». Dégouté, je ne peux que répondre en félicitant cet éminent directoire artistique pour la célérité de son regard et de sa réponse !

Christian Bobin s’en est allé. Mon ami artiste Patrick Demazeau dit « Made » aussi. Une triste croix de plus dans l’agenda amical. Mais pour se souvenir https://fr.calameo.com/accounts/626557

Samedi 26 : Week-end de Coupe de France de Kyudo à Eaubonne dans le Val d’Oise. Aux plaisirs de la douce compétition des flèches s’ajoute celui de retrouver les amis kyûdôjins.

Dimanche 27 : Un bel arc-en-ciel troue le gris du matin et me souhaite une bonne journée. Mon club – Kyudo Art & Pratique – termine troisième du tournoi par équipe.

Lundi 28 : Après un long travail de dessin et de rédaction, j’envoie mon dossier pour Horizon-Sancy. Il s’appelle Cratère-Lumières. C’est ma treizième candidature en quinze ans. Vu l’impressionnant Saint Omer d’Alice Diop.

Mercredi 30 : J’envoie ma candidature pour une résidence de deux semaines en avril prochain dans le désert du Karoo en Afrique du Sud. Mon intention se conjugue en trois mots : Pierre, Œuf, Plume. Une version land-art de Shi Fu Mi ? Je file voir Annie Colère, avec Laure Calamy pour me plonger dans les débuts du MLAC à l’orée des années 70. Salutaire.

Jeudi 1 Décembre : Je finis le roman La Volonté de Marc Dugain. Roman sur la vie de son père écrit pendant le confinement. Roman ? « La plus belle des fictions est celle qu’on entretient sur ses proches dans des souvenirs qui jalonnent une mémoire flottante. » dit l’auteur. Grand plaisir à cette lecture du lien entre père et fils. Je vois She Said, le flm sur les deux femmes journalistes du New-York Times qui ont fait tomber Harvey Weinstein. Impeccable.

Vendredi 2 : Belle exposition au Musée Cernushi : L’Encre en mouvement, une histoire de la peinture chinoise au XXème siècle. J’avais adoré Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux mais suis resté à l’écart de Fumer fait tousser.

Samedi 3 : Je commence Le Grand Monde, nouvel opus de Pierre Lemaître, à l’écriture fluide et efficace qui prolonge Au-revoir là-haut dans la France, le Liban et le Vietnam de l’après deuxième guerre mondiale.

Dimanche 4 : Je renoue doucement avec l’activité peinture dans l’atelier en préparant de nouveaux supports à base de papiers de soie collés et de sables colorés comme celui de l’image n°1 jointe. Histoire de juguler les nœuds de doute et de réchauffer le froid des pinceaux.

Lundi 5 : J’envoie une « Arche-Miroir » pour un projet de sculpture dans un parc de la ville du Puy en Velay.

Mardi 6: Là où les choucas nichent, y a t-il des choux-caniches ?


Mercredi 7: Je sélectionne les photos qui accompagnent cette nouv’aile…
Jeudi 8 : … que j’écris entre deux touches d’aquarelle.

Merci d’avoir marché jusqu’au bout sur le fil de cette chronique. Je vous souhaite la paix d’un solstice de neige et le feu de joie d’un flocon de bois.

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