QUOI DE NEUVE ? (17)

1 septembre 2023 § 0 commentaire

Pour cette rentrée, le Neuf prend un peu d’avance pour cause de randonnée savoyarde. Mais peut-on raisonnablement se plaindre que le Neuf prenne un peu d’avance en ces temps qui semblent en recul et ont rimé cet été avec canicule. Quinze millions d’hectares sont partis en fumée dans le ciel canadien. Mais comme en Australie, on redécouvre les techniques ancestrales des amérindiens et des aborigènes pour combattre le feu … par le feu !

Mais je vais cesser là le tour d’horizon enfumé des brûlantes actualités, pour ne pas trop consumer votre attention. Après un printemps aride en projets artistiques, la pluie bienfaitrice vint en juin sous la forme d’un appel de la MJC de Torcy me proposant dans le cadre des Olympiades Culturelles une intervention avec des jeunes ados d’Île-de-France. Ainsi naquit en six après-midis partagés LE PAGAYER sur les bords de la Marne, pas loin de la base nautique de Vaires-Torcy où auront lieu l’année prochaine les épreuves olympiques d’aviron.

On voir sur beaucoup de bus ou camions l’avertissement « prenez garde aux angles morts ! » Verra-t-on un jour sur de doux véhicules le conseil  « Merci de porter attention aux angles vivants »

Je n’ai pas lu le roman de Philippe Labro intitulé « Tomber sept fois, se relever huit », mais ai songé à le faire lors de l’obtention de mon 3ème dan de Kyudo après sept tentatives et quatorze ans d’attente persévérante. La huitième fut la bonne et m’a ensoleillé la mi-août.

L’été fut randonneur, baigneur, un peu naturiste, beaucoup lecteur… Après avoir aimé La Religion de Tim Willocks qui contait le siège de Malte (à ce propos, savez-vous situer cette île sur une carte ? Comme beaucoup, je l’imaginais entre Grèce et Italie, alors qu’elle est plutôt entre Sicile et Tunisie… Et pourquoi beaucoup de migrants se dirigent vers l’île italienne de Lampedusa et bien peu vers les rivages maltais, pourtant eux aussi européens ? ) j’ai poursuivi cette lecture par Les Douze Enfants de Paris qui raconte la journée du 24 août 1572 plus connue sous l’intitulé Massacre de la Saint Barthélémy… Sang pour sang guerres de religion et guère de religio…

Peut on marier un matelot las avec un lot de matelas ?

Puis je suis parti avec Pete Fromm passer sept mois dans les Rocheuses. C’est Indian Creek, formidable récit d’un camp sauvage, solitaire et hivernal entre Montana et Idaho.

Pour changer de registre, j’ai suivi 555 d’Hélène Gestern sur les traces enquêtrices de la (peut-être) 556ème sonate de Scarlatti… Belle intrigue entre baroque et lutherie qui me donna envie de poursuivre sur les énigmes dans le monde de l’art et m’y fit découvrir un diamant, une perle, un trésor. Je l’avais depuis, longtemps noté dans mes carnets et son temps est venu cet été : c’est L’Affaire Arnolfini de Jean-Philippe Postel aux éditions Actes Sud, véritable et abyssale plongée dans le tableau de Jan Van Eyck, peint en 1434 et exposé depuis 1842 à la National Gallery de Londres. Presque 600 ans de mystères qui ont fait coulé beaucoup d’encres et de salives dans l’huile de ce panneau de bois de 82,2x 60cm. Une merveille !

Il ne faut pas saboter sa beauté.

En continuant de flâner en terre flamande et hélas toujours en guerres de religion, ce fut La couleur bleue de Jörg Kastner autour des derniers jours de Rembrandt.

Puis La Tempête du trop bavard et suranné Juan Manuel de Prada me ramena entre faussaire et restauratrice à Venise devant le tableau éponyme de Giorgione.

Mais la rentrée approchait et je repris le RER en compagnie du premier roman de de Jean Paul DidierLaurent, hélas décédé en 2019 intitulé Le liseur du 6H27. Un conte moderne, drôle sur la vie de la lecture et la mort des livres.

Pour glisser vers septembre je me tissais dans les pages de Mes intimes, de Jérôme Garçin, témoignage touchant sur les décès de sa mère et de son frère autiste, croisés furtivement lors de l’achat de la presse à graver de ces artistes.

Et aujourd’hui, j’entre doucement dans La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr, prix Goncourt 2021. Et dans son labyrinthe de l’inhumain…

Au milieu de toutes ces pages il y eut quelques toiles : Oppenheimer (où j’appris que la ville de Kyoto qui faisait partie en 1945 des onze cibles atomiquement possibles fut écartée de la liste parce que le président américain Truman y avait effectué son voyage de noces…), Il Boemo, Love Life, Une Nuit, Les Filles d’Olfa, Les Algues Vertes, Les Herbes Sèches, Rendez Vous à Tokyo, Yannick… Et pour clore cette moisson estivale, évidemment la palme cannoise de Justine Triet, Anatomie d’une chute et plus discrètement, Fermez les Yeux, étrange titre du film du trop rare espagnol Victor Erice, joyeux octogénaire dont je garde le souvenir ébloui de son film précédent Le Songe de la Lumière sorti en …1992.

Au moment de clore cette chronique et cette floraison de livres et de films, je reçois sur mon écran la Une de Libé qui titre « Peur sur le Livre » en référence à la main mise de l’ogre réac Bolloré sur l’édition française.

Lire, c’est résister !

Mes théories sont-elles des météorites ?

Je vous souhaite un septembre d’ambre tendre.

Do 1923

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